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Olympique Lyonnais : la fin d'un cycle ? (2/2)

Olympique Lyonnais : la fin d'un cycle ? (2/2)

Le divorce

Vous avez manqué la première partie de ce dossier ? N'hésitez pas à vous rattraper

La fin de cette troisième saison et son épilogue plus heureux que prévu est accueilli avec soulagement pour tout le monde, des supporters aux dirigeants en passant par les joueurs. C'est alors un tout autre jeu qui débute en coulisse à l'aube de ce mercato. Officiellement et malgré les dires de la presse spécialisée, l'OL dément tout désir de se séparer de son entraîneur et ce, pour des raisons purement juridiques. En effet, ce séparer d'un entraîneur à qui l'on doit encore une année de contrat est une affaire délicate à gérer. Le contrat de 4 ans signé par Jean Michel Aulas trois ans auparavant est un contrat en or et les indemnités de licenciement s'annoncent salées pour un club qui se doit de garder son argent avec la construction de son nouveau stade. C'est un secret de polichinelle pourtant, le licenciement de Claude Puel est inéluctable et son remplaçant est tout trouvé, il s'agira d'une solution en interne en la personne de Rémi Garde. Le club respecte un silence pesant en ce début de mois de juin et les supporters attendent avec impatience l'officialisation du limogeage de Claude Puel. Avant cela, les deux parties doivent trouver un terrain d'entente pour un licenciement qui conviendrait aux deux parties. L'OL fait traîner l'affaire et finalement, si l'entraîneur est bel est bien viré avant la fin du mois, le cas de son licenciement se poursuivra aux Prud'hommes dans un avenir proche. Si physiquement Claude Puel n'est plus là, les stigmates qu'il laisse derrière lui seront encore présents pour longtemps.

Que retenir de l'ère Puel ?

Il devait être l'homme capable de renouveler l'OL et de construire une équipe basée sur des jeunes du centre de formation et de bons joueurs d'expérience. Finalement, il ne laissera que le goût amer de la défaite, une équipe lessivée, sans repère et des jeunes du centre de formation laissés sur le carreau. On retiendra surtout les erreurs de castings lors de recrutements beaucoup moins maitrisés que les années précédentes malgré un budget record. Les Keita, Makoun, Bodmer, Santos, Anderson, Ederson, Bastos, Cissokho etc...sont autant de joueurs gâchés malgré leur potentiel. Quand, pendant plusieurs années, l'OL recrutait des joueurs en devenir pour les bonifier, sous Puel, le recrutement s'est basé sur des joueurs ayant sans doute déjà atteint leur potentiel. Seuls Lisandro Lopez et Lloris sont considérés comme des recrues phare. D'ailleurs, l'équipe s'en est remise à leurs exploits individuels, aidés par Jérémy Toulalan, pour limiter la casse en championnat.

Finalement, il ne laissera que le goût amer de la défaite, une équipe lessivée, sans repère et des jeunes du centre de formation laissés sur le carreau

En parallèle, les jeunes sensés être les cadres de l'équipe n'ont jamais vu le jour. Benzema est parti très tôt pour le Real Madrid, Anthony Mounier mais surtout Loïc Rémy ont brillé dans des clubs adverses, cédés pour rien, et les jeunes prometteurs, sont restés la majeure partie de la saison sur le banc (Grenier, Lacazette, Belfodil, Gonalons, Pied etc...). Lyon a finalement beaucoup dépensé pour aucun résultat. Un échec complet que Jean Michel Aulas et son conseiller assument en cette fin de saison. La stratégie adoptée il y a 3 ans, lors du recrutement de Claude Puel a donc été la première grande erreur de l'ère Aulas. Espérons pour le club que cette erreur ne soit pas fatale alors que se profile l'arrivée du Grand Stade, le fair-play financier, tout cela sur fond de crise financière. A présent, l'OL s'apprête à changer une nouvelle fois d'ère.

Le renouveau ou la misère ?

Le renouveau est illustré par l'arrivée de Rémi Garde. Historique du club, natif de la région, joueur formé à l'OL et apprécié par l'ensemble du staff et en particulier de Bernard Lacombe, il est l'image de l'OL nouveau. Reconnu comme un leader posé et réfléchi, doté d'une expérience internationale intéressante après son passage à Arsenal aux côtés d'Arsène Wenger, il est là pour redonner le sourire à l'équipe et aux supporters. Une chose est sûre, l'OL compte revenir à des bases plus saines, celles qui ont fait son succès avec un retour aux affaires de JMA et de Bernard Lacombe auprès de l'équipe. Niveau recrutement, plus de dépenses inconsidérées, il va falloir vendre avant d'acheter et si possible, acheter des joueurs en devenir. Le centre de formation sera mis à contribution et cela tombe bien, Rémi Garde était entraîneur des jeunes du club. Plusieurs gros salaires doivent quitter le club pour libérer une masse salariale conséquente. Nombre de joueurs recrutés par Puel sont sur le départ mais le mercato reste calme et les choses devraient se décanter tardivement.

Rémi Garde prend les rênes de l'équipe dans un contexte délicat. S'il possède la confiance des dirigeants, du staff et des supporters, sa tâche ne sera pas aisée. Son recrutement sera très limité et indécis jusqu'aux dernières heures du mercato. Car en cas d'offres intéressantes, certains joueurs considérés comme cadres ne seront pas retenus. Ajoutez à cela l'absence des jeunes prometteurs qui participent à leur coupe du Monde au Mexique, des joueurs importants déjà blessés (Ederson, Lovren, Gourcuff, Pjanic) et aucune arrivée alors que Toulalan, Delgado et Diakhaté sont partis.

La priorité de Rémi Garde est avant tout de redonner le sourire aux joueurs et offrir du spectacle sur le terrain. Les supporters ont tellement soufferts avec la tactique Puel qu'ils sont près à perdre des matchs tant que le jeu proposé est beau. Surtout à l'heure où la Ligue 1 est dominée par une équipe qui offre un tout autre spectacle : Lille. La saison qui arrive sera donc cruciale et les objectifs sont revus à la baisse. Gagner le championnat n'est plus une priorité, il faut tenter d'accrocher la ligue des champions. Rémi Garde est attendu comme le Guardiola Lyonnais. Espérons pour le club qu'il connaisse les mêmes succès...

La ligue 1 change de visage, Lyon aussi ?

Lors de l'hégémonie Lyonnaise, les détracteurs du club affirmaient que Lyon gagnait car ses adversaires n'étaient pas au niveau. Il est vrai que pendant longtemps, les "grandes équipes" de la Ligue 1 ne se sont pas manifestées outre mesure. Le PSG ne ressemblait à rien, englué dans ses histoires de supporters, plombés par le changement incessant de présidents/entraineurs/joueurs. Il n'offrait pas un beau spectacle, pas plus que l'OM, qui souffrait des mêmes maux. Lille grandissait dans l'ombre, sans se montrer extrêmement dangereux et seuls quelques outsiders ont fait semblant d'exister face à Lyon (Nancy, Toulouse, Monaco, Bordeaux etc...). Seul Monaco peut se targuer d'avoir réalisé un bon parcours en Coupe d'Europe sous l'ère lyonnaise, car là aussi, l'équipe de Jean-Michel Aulas a su se faire respecter.

Et puis l'OM a su trouver un peu de stabilité à sa tête, le choix des entraîneurs s'est révélé payant (Gerets, Deschamps) et le recrutement réfléchi, résultat, l'équipe phocéenne a retrouvé le podium avant de remporter le championnat lors de la saison 2009/2010. Bordeaux s'est relevé d'années galères où la relégation n'était pas loin et grâce à Laurent Blanc, elle emporte la L1 lors de la saison 2008/2009. Lille est devenu un habitué du haut du classement, s'est émancipé des fondations apportées par Claude Puel et sous l'impulsion du jeu de Rudi Garcia s'est imposé lors de la saison 2010/2011. Et le PSG dans tout ça ? pas grand-chose à se mettre sous la dent si ce n'est une saison un peu plus honorable que les précédente sous les ordres d'Antoine Kambouaré (4ème lors de cette dernière saison). Mais grâce à un super Cheat Code, le club de la capitale vient d'éponger ses dettes et bénéficie de l'argent illimité des Qataris. Avec ça, le PSG va pouvoir empiler les joueurs les mieux côtés de Football Manager 2011, quelle chance. Lyon a connu l'ère Puel et maintenant, malgré un effectif d'expérience (ses meilleurs joueurs vont finalement rester), cette équipe en reconstruction aura fort à faire pour lutter contre Lille (le champion de France), l'OM (ex-champion et second solide et surtout avec un très bon entraîneur à sa tête) et le PSG (les nouveaux dopés du Tour de France). Une chose est sûre, la saison qui s'annonce va être passionnante.

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