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Olympique Lyonnais : la fin d'un cycle ? (1/2)

Olympique Lyonnais : la fin d'un cycle ? (1/2)

Une décennie de succès

Aussi incroyable que cela puisse paraître, il existe une génération de jeunes supporters pour qui remporter le championnat de France rime avec Olympique Lyonnais. C'est que l'hégémonie de ce club a été longue et plutôt inattendue, même si sportivement, l'ascension ne souffre aucune critique. Le palmarès est éloquent, tout débuta lors de la saison 2000-2001 où l'OL termine second du championnat derrière l'intouchable Nantes (oui, Nantes savait encore gagner des titres) et remporte surtout son premier titre depuis belle lurette : la Coupe de la Ligue. C'était là le début du succès propulsant le club parmi les grands clubs historiques de la L1 avec 7 championnats de France remportés de 2002 à 2008 et une Coupe de France en 2008. Ha les fins de saisons étaient plutôt joyeuses ! à tel point que chaque début de championnat on se demandait surtout qui allait terminer second. Une mainmise lassante pour les adversaires du club et les supporters (et spectateurs) adverses qui ne voyaient plus le bout du tunnel. Pourtant, le club a su prendre des risques en 10 ans, en achetant des joueurs prometteurs à des prix raisonnables (Essien, Diarra, Malouda, Abidal, Tiago, Cris etc...) mais qui ont su exploser avant d'être revendus à prix d'or. Car c'est justement dans ce mercato judicieux que le club a su puiser sa force et se reconstruire à chaque nouvelle saison malgré la fuite de ses meilleurs joueurs. La club s'est aussi permis le recrutement de belles vedettes pour illuminer son effectif, avec plus ou moins de succès, mais sans jamais affaiblir son effectif : Sonny Anderson, Elber, Wiltord, Carew, Baros etc…Autant de grands noms passés (parfois comme des fantômes) par Gerland.

Côté entraîneurs se fut un sans-faute. Après Jacques Santini, Paul Le Guen réussit à poursuivre le cycle du succès. Puis Jean Michel Aulas décida de donner une nouvelle dimension au club en engageant un entraîneur doté d'une belle expérience et capable de conduire « la formule un » qu'était devenue l'OL : Gérard Houllier. Avec lui, l'équipe se bonifia et afficha une maîtrise technique incroyable. Malgré cela, le parcours en coupe d'Europe, bien qu'honnête, ne dépassait pas les quarts de finale. Lorsque Houllier quitta son poste, Alain Perrin prit les rennes d'une équipe au vestiaire soudé et rompu aux victoires. Une décision étonnante que le choix d'un entraîneur possédant une piètre expérience Européenne et ayant connu un échec cuisant à la tête d'une grande équipe (l'OM). On lui reprochait son manque de tact avec les joueurs et sa difficulté à gérer les égos au sein d'un vestiaire. Mais il venait de s'illustrer avec Sochaux, vainqueur de la Coupe de France (2007). Le pari était osé alors que la presse annonçait plutôt l'arrivée d'entraineurs mondialement réputés. Les adversaires de Lyon se frottaient les mains par avance, persuadés que Perrin plongerait le club dans la défaite. La conjoncture aurait pu leur donner raison car au sein même du club, au bout de quelques mois, le surnom d'Alain Perrin était PPH (passera pas l'hiver). Sa piètre communication et sa gestion du groupe calamiteuse le desservait, le staff ne l'appréciait guère. Heureusement, l'équipe première était, à peu de chose près, composée de joueurs ayant remporté les 6 derniers championnats, habitués des joutes Européennes et dotés d'un professionnalisme irréprochable sur le terrain. Et c'est au métier que ce groupe enleva à Bordeaux son septième titre de champion et la Coupe de France. Ce palmarès très flatteur (malgré un parcours en coupe d'Europe décevant) n'épargna pas la tête de l'entraîneur qui sauta "pour le bien de l'équipe" comme argua Jean Michel Aulas à l'époque. Et puis surtout, il était temps pour lui de recruter un entraîneur qu'il désirait depuis bien longtemps : Claude Puel.

Claude Puel ou le "manager à l'anglaise"...

Un expression très à la mode du côté de Lyon en cette période de mercato 2008. Jean Michel Aulas tenait enfin son Graal, l'homme qui avait connu ses premiers succès d'entraîneur avec Monaco et avait su faire grandir le club de Lille en promouvant à bon escient de jeunes joueurs. Pour le président de l'OL, il était l'homme de la situation pour construire le nouvel Olympique Lyonnais. Il lui donna donc le poste de manager général, sorte de super entraîneur aux pleins pouvoirs afin de préparer une équipe pour l'avenir en se basant sur le centre de formation et des joueurs d'expérience. Claude Puel bénéficia d'une enveloppe record pour recruter (près de 100 millions d'euros) et "gagner la ligue des champions sous 4 ans". Et oui, l'OL nourrissait des ambitions plus élevées que les années précédentes. Si la reconnaissance nationale n'était plus à faire, il fallait la consolider au niveau européen. JMA, tout en confiance, fit signer à son poulain, un contrat de 4 ans.

Cette première saison sans trophée n'écorna pas l'image de Claude, la faute fut imputée au vestiaire, trop habitué voire usé par les victoires depuis plus de 7 ans.

Cette première année fut celle de l'observation. Fort d'un groupe expérimenté aux nombreux joueurs cadres et emblématiques (malgré le départ de Coupet), Puel surfa sur les succès des années précédente. L'éclosion de Benzema ajouta un peu de piment à une saison enfin disputée et serrée. Mais, première fausse note, Lyon s'essouffle en fin de championnat et ne peut rivaliser face à la fraîcheur et au jeu alléchant des Girondins de Bordeaux entraînés par Laurent Blanc. Cette première saison sans trophée n'écorna pas l'image de Claude, la faute fut imputée au vestiaire, trop habitué voire usé par les victoires depuis plus de 7 ans. D'ailleurs, on procéda à une grande lessive d'été avec le départ de l'emblématique Juninho et de la pépite du centre de formation : Karim Benzema. Lyon se lança alors dans un second mercato onéreux avec les arrivées de Lisandro Lopez, Gomis, Michel Bastos et Aly Cissokho. L'objectif d'un tel recrutement : reprendre aux bordelais le titre de champion de France. Cette seconde saison conforta les craintes des supporters, l'équipe de Claude Puel donnait un piètre spectacle sur le terrain et ne semblait pas trouver sa plénitude. Une belle éclaircie en seconde partie de saison permit au club d'arracher la seconde place du championnat et surtout, d'atteindre pour la première fois de son histoire le stade des demies finale de la Ligue des Champions. Si ce n'est ces places d'honneurs, l'Olympique Lyonnais ne remporta pas un seul trophée et ce, pour la seconde année consécutive.

Le début de la fin

Claude Puel entame sa troisième saison dans un climat particulier. La saison précédente lui a valu de s'attirer les foudres des supporters, fatigués par les tactiques étonnantes proposées par le coach, par les blessures à répétitions (imputées parfois à ses entraînements physiques lourds au détriment des jeux de balle) et le manque de cohérence technique malgré la présence de joueurs au fort potentiel. On lui reproche aussi de ne pas utiliser les joueurs à leur meilleur poste. Et en ce mercato d'été, un cas va faire débat, celui de Jérémy Toulalan. En manque de stabilité défensive, Claude Puel veut faire de son milieu défensif un défenseur central pour la saison à venir. Il impose son choix à un joueur déjà fort éprouvé par un mondial honteux qui ne se sentait pas d'aller à l'encontre de son entraineur. Au sein des joueurs, on sent l'agacement de certains cadres, en particulier Cris et Lisandro Lopez. Côté recrutement, seul Briand arrive suivit, tardivement et pour une somme astronomique (22 millions d'euros), par Yoann Gourcuff. Annoncé comme le messie et présenté en grande pompe à Gerland lors d'un show à l'espagnole, le joueur doit se racheter d'une seconde partie de saison catastrophique avec Bordeaux et un mondial à oublier.

Lors de la seconde partie de la saison, Jean Michel Aulas fait profil bas et ne défend son entraineur que du bout des lèvres, laissant son conseiller, Bernard Lacombe, critiquer à loisir Claude Puel.

Et voilà l'équipe de Lyon qui reprend la saison avec toujours comme objectif prioritaire de remporter le championnat. Il ne faut pas attendre bien longtemps avant de faire une croix sur cet objectif puisqu'en octobre après 7 journées, l'équipe est 18ème après une défaite humiliante contre l'ennemi juré : Saint-Etienne. Un passage crucial qui fera date dans l'histoire du club et en particulier l'intervention de JMA face aux ultras déchaînés afin de les calmer. Claude Puel hérite d'une banderole assez éloquente qui sera dépliée à chaque match : "Puel démission". Sur le terrain les choses ne sont guère rassurantes. L'entraîneur ne parvient toujours pas à aligner un schéma tactique identique entre deux matchs, le jeu est indigent techniquement et l'OL ne doit son salut qu'aux faux-pas de ses adversaires. Les supporters prennent en grippe Claude Puel et le font savoir lors des matchs à domicile. Preuve que la sérénité n'est plus de mise à Lyon, son président ne cesse d'intervenir pour calmer les tensions avec les supporters ou protéger Puel et ses joueurs. Les matchs sont crispants car même lorsque l'OL mène, on craint de les voir se faire rejoindre, un scénario qui se répète et atteint son apogée lors d'un match contre Nice où Lyon mène 2-0 avant de se faire rejoindre dans les dernières secondes du match. Deux points cruciaux perdus. Et que dire des non-matchs disputés contre Toulouse ou Auxerre lors des dernières journées importantes pour que le club reste sur le podium. Lors de la seconde partie de la saison, Jean Michel Aulas fait profil bas et ne défend son entraineur que du bout des lèvres, laissant son conseiller, Bernard Lacombe, critiquer à loisir Claude Puel. Lors du dernier match à domicile contre Caen, les supporters crient leur mécontentement de telle sorte qu'il est impossible pour Jean-Michel Aulas de conserver son entraîneur. Finalement le club décroche dans la douleur une troisième place qu'il doit aux erreurs de son poursuivant le PSG plutôt qu'à ses propres victoires.

Article à suivre lors d'une seconde partie...

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