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Harry Potter : voilà, c'est (vraiment) fini...

Harry Potter : voilà, c'est (vraiment) fini...

Histoire d'un plébiscite

Best-seller, succès marketing, première auteure du monde de l'édition à devenir milliardaire, plus de 400 millions d'exemplaires vendus, traduit dans 70 langues...Lorsque l'on parle de Harry Potter ces derniers temps, on avance surtout des chiffres extraordinaires, on parle d'argent, de box office, de marketing. A croire que le nom du sorcier n'est rien de plus qu'une marque bien vendue, un énième coup marketing. Triste à vrai dire de vouloir s'attarder sur ces chiffres comme pour vider le phénomène Harry Potter de son essence.

Car Harry Potter est avant tout un roman dont la qualité ne se lit pas dans les chiffres mais bien dans les pages qui composent les 7 tomes. Longtemps considéré comme un livre pour enfant avec les parutions de Harry Potter à l'école des Sorciers (Harry Potter and the Philosopher's Stone - 1997) ou de la Chambre des secrets (Harry Potter and the Chamber of Secrets - 1998) et à ce titre comme un roman léger et peu profond, les jugements on été révisés avec le prisonnier d'Azkaban (Harry Potter and the Prisoner of Azkaban - 1999), la Coupe de feu avec une première mort marquante (Harry Potter and the Goblet of Fire - 2000) pour définitivement tourner les romans vers un public plus adulte, l'Ordre du Phénix (Harry Potter and the Order of the Phoenix - 2003), e Prince de Sang-mêlé (Harry Potter and the Half-Blood Prince - 2005) et les Reliques de la morts (Harry Potter and the Deathly Hallows - 2007). Si les enfants de 11 ans ont d'abord été visés, en Angleterre comme en France, un plus large public s'est tourné vers l'histoire de ce petit magicien dès lors que les films ont fait leur apparition sur grand écran. Jouissant d'une belle couverture critique avant l'adaptation au cinéma, les lecteurs étaient généralement des amateurs de ce genre littéraire. C'est lorsque les parents se sont rendu compte de l'impact positif du livre sur les lectures de leurs enfants, que Harry Potter est devenu un phénomène de société. Il faut dire qu'à l'époque, rares étaient les productions culturelles capable de ravir les enfants sous la bénédiction des parents (loin des "diaboliques" jeux vidéos ou des "films violents") surtout que cette fois-ci, il s'agissait bien de livres, un médium bien plus noble aux yeux de n'importe quel parent ! Si encore les romans faisaient 100 pages écrit en gros, mais que neni, des enfants parvenaient à engloutir plusieurs centaines de vraies pages sans se plaindre et ils en redemandaient les bougres !

Harry Potter et l'ordre du Phénix, le film

? Harry Potter et l'ordre du Phénix, le film

Il faut le dire, la saga Harry Potter (et JK Rowling surtout) ne prend pas ses lecteurs pour des abrutis, ne simplifie pas une histoire à son maximum de peur de perdre son (jeune) lectorat, n'élude pas les sujets sensibles que l'on n'est pas sensé aborder dans des livres pour enfants. C'est peut-être ça qui a fait le succès des romans : une intrigue riche déployée avec intelligence, un univers onirique mais envahi de sentiments humains normaux, des passages de magie et de bravoure accompagnés d'autant de doutes et de peine, de meurtres et d'enterrements. Rares sont les livres destinés à un jeune public à développer l'histoire de toute une jeunesse, jusqu'à l'adolescence avec une subtilité aussi brutale (pardonnez ce paradoxe, mais il résume bien l'oeuvre je trouve). Car les romans Harry Potter enchantent autant qu'ils font souffrir le lecteur. Tantôt ils vous transportent dans le plus doux des rêves avant de vous rappeler que les rêves ne sont pas éternels et qu'il ne faut pas chercher à fuir une réalité parfois cruelle.

On aura beau dire, mais plusieurs générations de lecteurs ont été influencés par un message assez simpliste de prime abord mais raconté d'une telle manière, qu'il ne laisse pas insensible. Harry Potter doit bien son succès à son contenu et non l'inverse.

Du roman au film, un passage obligé

C'est maintenant devenu un reflexe, quelque soit le support d'origine (livre, jeu vidéos etc...), si une once de succès se pointe, il faut son adaptation sur grand écran. Qu'importe la qualité, c'est une obligation, c'est une logique marketing. Harry Potter n'y a pas coupé comme nombre d'autres succès littéraires du même genre (Le Seigneur des anneaux, Twilight, Narnia etc...). Si le premier opus s'en sort de façon louable avec notamment un casting de qualité, la fortune des films a été diverse par la suite. Si d'un point de vue purement pécuniaire on peut réellement parler de fortune, quid du traitement des livres ? JK Rowling aurait avoué " Il y a aussi eu des moments où j'ai regretté d'avoir cédé les droits cinématographiques" (source Wikipedia) et on la comprend en regardant le second volet des aventures de Harry Potter : La chambre des secrets. Entre effets spéciaux limites et un jeu d'acteur en berne (le trio de stars est imbuvable), on sent déjà poindre la médiocrité de n'importe quel blockbuster filmé à la va-vite; il en va de même pour le Prisonnier d'Azkaban. Les choses se sont arrangées avec la Coupe de Feu, il faut dire que l'histoire se prête assez bien au format cinématographique. Il n'empêche, beaucoup de passages ont été ignorés, simplifiés et d'autres paraissent incompréhensibles pour qui n'a pas lu les livres. Il faut en fait attendre l'arrivée du réalisateur David Yates pour véritablement sentir un effet positif sur l'adaptation des livres. L'atmosphère est respectée, les personnages prennent plus de coffre (les trois héros savent même un peu mieux jouer) et surtout, la mise en scène tient bien la route. L'idée de partager le dernier tome en deux films peut s'avérer un coup marketing, mais il est en fait salutaire et justement, après plus de 10 ans, le dernier opus sort enfin dans les salles.

Le dénouement pour Severus Snape ?

? Le dénouement pour Severus Snape ?

La référence encore et toujours

Avec le recul, on se rend compte de l'impact culturel initié par le phénomène Harry Potter. Si on peut regretter le comportement mono-manique de certains lecteurs, cette saga aura permis de redonner goût à la lecture, de relancer l'édition jeunesse qui se porte à merveille (merci pour elle) et d'instaurer de nouveaux codes dans ce genre auparavant négligé. Maintenant, les éditeurs sont à la recherche de la perle rare, du roman qui aura un impact identique. Le genre foisonne donc et les imposteurs guettent. Et en matière d'arnaque et de coup marketing on ne peut que s'attarder sur le phénomène Twilight.

Considéré comme le challenger à Harry Potter, pour le coup, on s'est surtout attardé sur l'aspect esthétique des films, sur leur succès, sur le succès des livres aussi mais bien moins sur leur qualité. Twilight représente justement le contre exemple Harry Potter. Ici, les films donnent plus de substance aux livres. Lire les histoires de Stephenie Meyer, c'est un peu comme sombrer dans l'ennui, dans le grand n'importe quoi ou comment noircir plusieurs centaines de pages avec du vent. Un conseil pour être certain de terminer ses livres ? Lisez les deux premiers chapitres et rendez-vous directement aux deux derniers. Là vous aurez l'étendu de ce qu'est un véritable phénomène marketing. Une copie aussi pâle que les personnages qu'elle tente de mettre en scène. Pour le moment, la valeur sûre actuelle du genre reste donc Harry Potter pour les raisons citées dans les paragraphes précédents.

Et maintenant ?

C'est bien la question que tous les fans se posent. Avec la sortie de la seconde partie des Reliques de la mort, c'est tout Harry Potter qui s'achève. La fin des livres sonnait déjà le glas du sorcier (dans un happy end un peu culcul la praline ceci dit) mais le fait que les films soient encore en production laissait place à un peu d'excitation. Mais là, il y a fort à parier qu'il n'y aura plus d'histoire liée à Harry Potter et non plus sur son univers. Si JRR Tolkien avait poussé son univers dans ses derniers retranchements avec le Silmarillion, Bilbo le Hobbit ou les contes et légendes inachevés (oeuvres posthumes), JK Rowling ne devrait pas suivre cet exemple. On lui reprocherait à coup sûr de surfer sur le succès et de livrer du réchauffé. Il y a fort à parier que l'auteure veuille aussi faire le deuil de son personnage et se lancer dans un autre genre pour ne pas être cataloguée. Quoiqu'il en soit, elle sera attendu au tournant et portera un lourd fardeau, celui d'être l'auteure qui a écrit Harry Potter.

Harry Potter sur le web

Le site officiel de <em>JK Rowling</em>

? Le site officiel de JK Rowling

Personnellement je ne retiens qu'une seule chose sur Harry Potter sur le web : le site internet officiel, celui de JK Rowling. Réalisé par l'excellente agence LightMaker, ce site en flash était extrêmement ludique à l'époque. On pouvait faire la recherche d'objets cacher pour débloquer des bonus et souvent des animations venaient s'ajouter au site. Je me souviens avec émotion de la fois où la fameuse porte toujours fermée s'est ouverte lors de la sortie du dernier tome avec un mot signé JK Rowling à l'attention de ses lecteurs. Vraiment sympa. A visiter ici pour ceux qui ne connaissent pas.

Les crédits photos vont à Warner Bros cette fois-ci.

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