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Une journée de clasico

Une journée de clasico

Un match Barça–Real Madrid c'est bien plus qu'une simple rencontre de foot, c'est une opposition de style, de culture et d'histoire. Le Barça, c'est le joyau de la Catalogne et son porte-étendard à travers le monde. Le symbole de la réussite d'une région qui se rêve état indépendant. Mais Barcelone et son club représentent aussi la résistance face à une Espagne Franquiste qui interdisait au catalans de parler leur langue, une Espagne dont Madrid symbolisait le pouvoir. Forcément, ce genre de symbole ne s'oublie pas de sitôt et s'il le faut, les socios des deux camps savent rappeler la rivalité qui anime les deux clubs. Rien à voir avec les rencontres PSG-OM qui ne sont animés par aucune rivalité si ce n'est celle de la province face à la capitale ; une rivalité montée artificiellement sous l'ère Tapie...

Cette saison, le clasico oppose aussi très nettement deux philosophies de jeu, deux styles différents. Le Real, c'est un recrutement annuel de plusieurs dizaine de millions d'euros, souvent gaspillés au vu des performances des recrues, alors que la Barça sort ses pépites de son centre de formation. Le Real de Mourinho, c'est un style bien moins flamboyant que le jeu de passe ultra rapide du Barça, piloté par des esthètes et des génies du ballon rond. Le Real est souvent critiqué pour refuser le jeu, commettre des fautes, jouer défensivement et bien d'autres târes encore.

L'Espagne se passionne pour ses Clasicos

Partiaux, les quotidiens de référence tels que As, Marca ou Mundo Deportivo participent à faire monter la pression en Espagne, entre les deux clubs, les joueurs et les socios.

Face à un Barça qui a raflé tous les trophées possibles et qui est en passe de remporter la Liga (et sans doute la Ligue des champions), le Real va tenter de s'offrir une nouvelle ligne à un palmarès désespérément vide depuis quelques saisons. La presse est en ébullition et doit rivaliser d'imagination pour combler plusieurs dizaines de pages dans leurs journaux entre chaque clasicos (5 cette saison). As, Marca, Mundo Deportivo, chacun y va de son analyse et va jusqu'à faire des dossiers sur les vestiaires des clubs. Partiaux, ces quotidiens de référence participent à faire monter la pression en Espagne, entre les deux clubs, les joueurs et les socios. C'est de bonne guerre dans un pays où le foot et une religion.

C'est d'ailleurs en pleine semaine Sainte que la finale de la coupe du Roi entre les deux clubs à lieu, dans le stade de Valence, le Mestalla. à Barcelone, la tension monte doucement. Bien sûr tout le monde en parle, même les touristes sont au courant. Malgré tout, comme le match se joue sur terrain neutre, les supporters ne se baladent pas en ville. Il faut attendre le soir, Plaza de España pour voir une scène et un écran géant se dresser en quelques heures. Sûrs de leurs fait après la branlée mémorable du match aller (5-0) et le match correct au retour (1-1), les Catalans préparent tout pour faire la fête. Un concert est prévu dès le coup de sifflet final. Dans les rues, les caméras filment l'attroupement des supporters dans les bars de la ville et des Ramblas.

Bien entendu, les supporters du Real sont invisibles pour le moment. Dans les bars, c'est l'hymne du Barça qui passe en boucle entre chaque mi-temps. Le match commence alors, tout le monde retient son souffle mais semble confiant. Sur le terrain cependant, les choses se gâtent. Le jeu du Barça est annihilé par le schéma tactique abominable mais efficace de Mourihno et il ne se passe pas grand-chose. On comprend que le festival de buts n'aura pas lieu. La seconde mi-temps n'est guère mieux, un frisson et des cris de joies retentissent pourtant dans les rues alors que le FC Barcelone vient de marquer un but…Refusé pour hors-jeu. Il ne faut alors pas être espagnol pour comprendre la bordée de jurons qui suivent. On le sentait venir, la seconde mi-temps s'achève, puis la première prolongation. La massue tombe sur la ville lorsque, contre le cours du jeu, Ronaldo plante un but de la tête alors que le match touche à sa fin. La défaite est entérinée quelques minutes plus tard.

Défaite amère et gueule de bois.

Et voilà, pour mon premier Clasico en terres Catalane, je n'aurai pas la chance de vivre une victoire du FC Barcelone. Les bars se vident d'ailleurs rapidement, tout le monde fait la gueule, les caméras filment les Ramblas désertées et les quelques ultras qui continuent à encourager leur club dans la défaite. Le concert prévu sur la Plaza des España est tout simplement annulé, les roadies sont quittes pour un démontage rapide. Les Barcelonais ne rigolent pas avec la défaite, c'est le moins qu'on puisse dire…

Le Barça vient de perdre un trophée (que Sergio Ramos déshonorera quelques heures plus tard du haut de son bus à impériale) mais n'a encore officiellement perdu aucune bataille. Et leur revanche, ils vont pouvoir la prendre quelques jours plus tard, lors de la demi finale de Ligue des Champions, un titre convoité en priorité par le Real, que le Barça va se faire un malin plaisir de lui retirer. La presse Espagnole n'a pas fini de vendre du papier !

Le clasico inspire aussi les artiste, une vidéo à voir absolument

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